Vers une réforme de la participation ?

Le ministre du Travail a avancé, au congrès Global RH le 15 mars, deux idées visant à concrétiser la promesse présidentielle « d’une meilleure répartition entre capital et travail » : accorder « une participation minimale quand des dividendes sont versés aux actionnaires » et la faire évoluer « au moins aussi vite que les dividendes ».

Les syndicats rappellent que face aux dividendes records, la justice serait plutôt « d’augmenter les salaires ». Reçus récemment à l’Elysée et à Matignon, ils n’ont pas été informés de ce projet. « Nous avions demandé que la participation fasse partie de l’agenda social, s’agace Véronique Descacq de la CFDT. Cela avait été refusé. » Craignant « un énième bricolage dans le dos des partenaires sociaux », elle ne voit pas « l’intérêt de lier participation et dividendes ».

L’urgence reste, pour la CFDT, d’étendre la participation aux entreprises de moins de 50 salariés – ce que refuse la CGPME – et d’encourager l’épargne salariale à long terme. Le Medef a relancé pour l’occasion son projet de fusionner participation et intéressement. « Les entreprises peuvent déjà lier les deux, rappelle Marie Saunier, experte CE du cabinet Tandem expertise. Le Medef vise, ici, la disparition de la participation basée sur le résultat comptable et qui ne dépend pas du bon vouloir de l’employeur. »