L’Agefos-PME craint le poids de l’Etat

Le 18 novembre, l’Agefos-PME a réuni ses sections professionnelles paritaires et ses grands comptes. L’Agefos-PME, le plus gros des Opca (800 millions d’euros de collecte), est le plus imposant des deux Opca interprofessionnels, l’autre étant Opcalia du Medef (410 millions d’euros de collecte). Il héberge également une quarantaine de branches professionnelles et de grandes comptes, dont les fonds formation sont gérés de manière "autonome" dans des sections professionnelles paritaires (SPP) spécifiques. Opcalia de son côté en loge une vingtaine. Les deux Opca tentent de présenter le meilleur bilan de cette activité pour attirer à eux d’autres collecteurs appelés à disparaître dans le “mercato” en cours.

Peu de réponses

Préalablement à cette convention, l’Agefos-PME a interrogé, entre le 18 octobre et le 5 novembre, les 625 administrateurs politiques (patronaux et syndicaux) des SPP et 31 responsables groupes et grandes entreprises sur les services rendus par l’Agefos-PME sur la réforme en cours. Les résultats sont à la fois attendus, surprenants et difficiles à lire, car 78 % des administrateurs n’ont pas répondu !

Sur la réforme, le renforcement du rôle de l’Etat et le prélèvement du FPSPP sont les deux points jugés le plus négativement (57 % des 145 répondants), mais les administrateurs apprécient l’obligation imposée aux Opca de construire un service de proximité (86 %) et leurs nouvelles missions (63 %). Ils sont en revanche partagés sur l’orientation vers les demandeurs d’emploi (47 % pour, 21 % contre) et sur la réduction du nombre des Opca (46 % d’avis favorables, 19 % contre).

Manque d’intérêt ?

Sur les services apportés par Agefos-PME à leur SPP, les répondants se déclarent satisfaits (91 % pour l’accompagnement, 69 % pour l’accès aux financements publics), mais avouent dans la foulée qu’ils connaissent peu les actions menées par leur Opca : 90 % ne savent pas ce qu’est son “plan anticrise 2009, 77 % ignorent son “plan de relance du contrat de professionnalisation”… Problème de communication ou désintérêt ?

Comment expliquer que si peu d’administrateurs aient répondu ? Etant donné leur fonction (ce sont des responsables politiques et non des représentants du grand public) et l’ambiance actuelle (les très fortes tensions créées par la réforme en cours), n’aurait-on pu s’attendre à davantage de mobilisation et de désir d’expression ? De plus, sur certaines questions (notamment politiques), de 48 à 66 des 145 répondants ne se prononcent pas.