3 000 préretraites pénibilité chez Renault

C’est ce qu’on appelle choisir son moment. La réforme des retraites à peine bouclée, l’industriel a présenté aux syndicats, le 23 novembre lors d’une réunion sur la GPEC, son dispositif de départ anticipé à la retraite destiné aux salariés qui occupent les postes les plus pénibles. Applicables pendant trois ans, de 2011 à 2013, les mesures proposées concerneraient les ouvriers, employés et agents de maîtrise du groupe en France, âgés de 58 ans et plus début 2011, ayant effectué quinze ans de travail posté ou ayant une incapacité permanente de 10 % minimum. Les préretraites financées par l’entreprise assureraient une allocation de remplacement équivalant à 75 % du salaire brut jusqu’à l’âge légal de départ à la retraite ; 3 000 des 3 200 salariés éligibles pourraient être intéressés.

Le projet s’inscrit dans la lignée des accords récents de Rhodia, Arkema ou Thales. Renault, dont 15 % appartient à l’Etat, lie dans son texte un droit au départ à des conditions de travail difficiles et non à la prise en compte individualisée de l’état de santé du salarié, contrairement à la réforme des retraites.

L’entreprise ne s’étant pas engagée à remplacer les départs anticipés, les syndicats craignent que ce plan ne serve à gérer des sureffectifs sur certains sites français. Avant la signature de l’accord, prévue début 2011, le prochain round de négociation du 7 décembre devrait apporter des réponses.