« Ce n’est pas au contribuable de prendre en charge le coût d’un plan social »
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E & C : Alors même que les bénéfices records annoncés par Molex défraient la chronique, vous avez annoncé, le 2 novembre, avoir déposé une proposition de loi visant à interdire aux entreprises bénéficiaires de voir leurs plans sociaux financés par l’Etat…

J.-C. L. : L’affaire Molex n’est malheureusement que la dernière d’une longue série. Dans notre environnement mondialisé et financiarisé, les entreprises qui restructurent ne sont plus nécessairement ruinées comme l’étaient autrefois celles qui mettaient la clé sous la porte. Soumises à une concurrence accrue, elles ont besoin d’améliorer leur compétitivité. Je ne conteste pas ces restructurations sur le principe, mais je considère que les contribuables français n’ont pas à prendre en charge le coût de tels plans sociaux.

La législation actuelle est un héritage de la crise de la sidérurgie dans les années 1970. Il était alors naturel que l’Etat se substitue aux entreprises qui n’avaient pas la possibilité de financer l’accompagnement social des personnes licenciées. Cette législation, qui pénalise la France dans les arbitrages financiers des multinationales ayant des filiales dans notre pays, est devenue aujourd’hui totalement inadaptée.

E & C : Que proposez-vous ?

J.-C. L. : L’autorité administrative devrait pouvoir, au vu de la situation économique de l’entreprise, refuser de signer les conventions permettant l’attribution des aides du fonds national de l’emploi pour la mise en œuvre du plan de sauvegarde de l’emploi. Le financement de ce dernier serait ainsi à la seule charge de l’entreprise. L’ensemble du groupe du Nouveau Centre a décidé de cosigner cette proposition de loi, lui donnant ainsi plus de poids, dans la perspective de son examen par l’Assemblée nationale d’ici à quelques mois.