Nouvelle baisse des enveloppes en 2010

Pas d’éclaircie sur le front des salaires. Selon l’enquête annuelle Hewitt consacrée aux augmentations salariales, publiée le 2 septembre, les entreprises consacreront en 2010 2,6 % de leur masse salariale aux augmentations, contre 2,9 % l’an dernier. « Pour la deuxième année consécutive, la moyenne des budgets d’augmentation est en dessous des 3,3 % à 3,5 % observés en moyenne depuis trente ans », analyse Pierre Le Gunéhec, responsable de la rémunération globale chez Hewitt Associates. Basée sur les données de 153 entreprises françaises, représentant plus de 600 000 salariés, l’étude confirme la tendance à la baisse prévue en 2009. Une baisse également synonyme en 2010 d’un nivellement des augmentations, le niveau de poste n’étant plus vraiment différenciant. Ainsi, les dirigeants, cadres supérieurs et cadres débutants bénéficient tous d’un taux d’augmentation de 2,7 %, les autres catégories obtenant 2,6 % (cadres moyens force de vente, agents de maîtrise, employés) et 2,5 % (ouvriers).

Rémunération variable

L’année dernière, le niveau de responsabilité avait fortement déterminé les augmentations salariales, avec des taux de 3,4 % pour les dirigeants à 2,7 % pour les ouvriers, en passant par 3,1 % pour les cadres supérieurs ou encore 2,9 % pour les agents de maîtrise et cadres moyens. Les augmentations individuelles représentent toujours quelque deux tiers des budgets d’augmentation pour 2010.

Autre tendance confirmée : le recours à une politique de rémunération variable. Hewitt souligne ainsi que celle-ci concerne aujourd’hui 95 % des entreprises pour les cadres, et 70 % pour les non-cadres, contre respectivement 70 % et 30 % des entreprises il y a dix ans. Quant aux budgets, ceux dédiés à la rémunération variable devraient rester stables pour 70 % des entreprises répondantes, et augmenter pour 20 % d’entre elles, en particulier en direction des dirigeants et des ouvriers.

Pour 2011, les prévisions d’augmentation réalisées par Hewitt à partir des déclarations des entreprises se situent dans la continuité des observations sur cette année, avec un taux moyen attendu de 2,7 %. Toutes les catégories de postes sont concernées, les cadres supérieurs pouvant espérer une augmentation de 2,8 %. « Ces prévisions reflètent l’extrême prudence des entreprises, qui ont vu leurs budgets se resserrer », souligne Pierre Le Gunéhec.

Insatisfaction

Une rigueur difficile à gérer pour les DRH. En 2010, seuls 21 % des Français s’estiment satisfaits de leur rémunération, selon les bases de données Hewitt. « Nous n’avons jamais vu un taux aussi bas, il est d’ordinaire autour de 40 %, avertit Pierre Le Gunéhec. Face aux salariés, les responsables RH vont devoir gérer l’écart entre le discours ambiant sur la reprise actuelle et la réalité des enveloppes budgétaires. »