76 % des PME estiment « disposer des compétences nécessaires »

En mai 2010, seules 18 % des TPE de moins de 10 salariés et 28 % des PME de 10 à 499 salariés déclaraient avoir besoin de nouvelles compétences, affirme la baromètre Perspectives 2010* que vient de publier l’Agefos-PME. Ces chiffres étaient respectivement de 32 % et 34 % en 2007, toujours selon l’Agefos-PME. Cela signifie que le sentiment de disposer des compétences nécessaires est très majoritaire dans les TPE et PME françaises : il atteint 78 % dans les premières, et 71 % dans les secondes.

Cela entraîne deux conséquences négatives. Premièrement : seules 18 % de ces entreprises envisagent d’embaucher en 2010. Ce chiffre enregistre certes une augmentation chez les moins de 10, passant de 10 % à 17 %, mais il reste à un niveau initial très bas.

Moins de recours à la formation

Deuxièmement : l’importance accordée à la formation à de nouvelles qualifications des salariés en poste s’effondre de 65 % à 40 % dans les TPE, alors qu’elle reste stable à 62 % dans les PME. De même, l’intérêt pour l’embauche de jeunes en contrats d’alternance chute de 46 % à 39 % dans les TPE et de 44 % à 41 % dans les PME. Conséquences : seules 17 % des 21 % de PME qui envisagent d’embaucher dans les six mois choisiront a priori le contrat de professionnalisation et 22 % le contrat d’apprentissage.

Embauche de jeunes diplômés

Un point positif néanmoins : l’embauche de jeunes diplômés connaît un regain d’intérêt ; car, bien que globalement à un bas niveau d’intention (22 %), il est en augmentation dans les TPE (21 % contre 14 % en mai 2009) et dans les PME (25 % contre 20 %). Quitte à tout prendre, les entreprises préfèrent (à 71 %) embaucher en CDI un salarié déjà qualifié et expérimenté pour une opérationnalité immédiate. Le recours à la formation reste handicapé par le manque de temps (56 %) et le financement (28 %).

La réforme en cours favorise-t-elle néanmoins un regain d’intérêt pour la formation ? Cela reste à voir : le taux de connaissance de la réforme varie de 39 % dans les TPE à 90 % chez les 200-499 ; celui de la portabilité du DIF de 24 % à 84 %, et celui de la préparation opérationnelle à l’emploi de 26 % à 36 %. Enfin, 71 % des entreprises ne souhaitent pas particulièrement bénéficier d’un soutien de la part de leur Opca dans la gestion de leurs ressources humaines…

* Enquête menée par Ipsos du 3 au 10 mai 2010, selon la méthode des quotas, par téléphone auprès de 500 employeurs (dirigeants et RRH) d’entreprises de 1 à 499 salariés, dont 80 % de moins de 10 salariés, et 80 % situées en province.