Insertion professionnelle : la porte étroite

En France, c’est bien connu, pour trouver un nouvel emploi… il vaut mieux en avoir déjà un ! Au chômage, c’est beaucoup plus compliqué, le demandeur d’emploi attirant sur lui toutes sortes de soupçons : incompétence, inadaptation, mauvais comportement. Quant au chômeur de longue durée, on supposera qu’il n’est pas dynamique, qu’il préfère se reposer, être assisté, etc. Or, bien que le taux de chômage tende à se stabiliser, celui des demandeurs d’emploi, jeunes et vieux, inscrits depuis plus de douze mois, continue d’augmenter. Les experts prédisent une lente sortie de crise et la poursuite des destructions de postes dans l’industrie. Premiers touchés : les salariés peu qualifiés et les personnes éloignées depuis longtemps de l’emploi.

Or chez les recruteurs, le mythe du salarié immédiatement opérationnel est tenace et ferme la porte à tout profil atypique. Pourtant, grâce à des dispositifs d’accompagnement spécifiques, les salariés qui n’ont pas les qualifications requises pourraient à nouveau trouver un poste. Ainsi, quelques entreprises volontaristes se tournent vers des professionnels de l’insertion, utilisent des contrats dédiés ou font du mécénat.

Si de nombreux dirigeants d’entreprise estiment qu’il faut agir pour l’insertion, peu d’entre eux se lancent dans des actions concrètes. Les pouvoirs publics ont bien cherché des incitations dans ce domaine, notamment lors d’un Grenelle de l’insertion en 2007. Mais les bonnes intentions privées d’effets font surtout de maigres bilans.