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Les pratiques

HP France compense les écarts de salaires

Les pratiques | publié le : 29.06.2010 | LYDIE COLDERS

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Un million d’euros. C’est le budget engagé par HP France pour compenser les écarts de salaires entre les femmes et les hommes d’ici à 2011. Cet engagement chiffré est la principale mesure de l’accord sur l’égalité hommes-femmes, signé fin avril entre la DRH et les syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC et FO) à l’exception de la CGT. Engagée dans une politique diversité prévoyant notamment d’augmenter le recrutement de femmes ingénieurs, la direction d’HP avait déjà décidé d’augmenter collectivement 1000 salariées de 1,2 % en 2009.

« L’objectif de l’accord était de prolonger cette action, les syndicats souhaitant des résultats tangibles et rapides », explique Véronique Bouhafs-Blanchard, ex-DRH d’HP France, qui a conduit les négociations.

Audit préalable

Si direction et partenaires sociaux étaient d’accord pour négocier le rattrapage des salaires, les syndicats ont cependant souhaité un audit préalable confié au cabinet Sextant en novembre 2008. Le coût de l’intervention (30 000 euros) a été financé pour moitié par la direction et pour moitié par les deux CE d’HP France.

« Les données des NAO n’étaient pas assez précises. Elles montraient un écart de 30 % en moyenne en défaveur des femmes, tous salaires confondus. Nous voulions une photographie plus détaillée, notamment par métiers », explique Jean-Luc Dye, l’un des négociateurs pour la CFDT.

Chez HP France et HP compétences (filiale activités internationales), la politique salariale est en effet indexée sur un référentiel métiers complexe.

Plus grande disparité chez les cadres

« Nous avons passé plusieurs réunions à négocier les critères de base de la méthode. Au final, nous avons retenu un indicateur intégrant le salaire moyen, corrigé par l’âge et l’ancienneté dans le poste, dans les équipes d’au moins 30 personnes, pour être représentatif », explique Véronique Bouhafs-Blanchard. Dans ce calcul rentre aussi la part variable du salaire, notamment pour les vendeurs. En revanche, l’ancienneté globale dans l’entreprise a été exclue.

Sans grande surprise, c’est chez les cadres et managers (90 % des salariés d’HP sont cadres) que certaines disparités de salaires ont été confirmées par l’étude de Sextant. Sur les 4 240 salariés rentrant dans le panel (dont 2 852 hommes et 1 388 femmes), les écarts en défaveur des femmes vont de 0,2 % à 7 % pour certaines cadres intermédiaires, dans les fonctions informatique notamment. Il est de 2 % à 5 % dans la population des managers, chefs de services et chez certains cadres dirigeants. Des écarts jugés « relativement faibles » par la DRH, en raison d’une politique globale de contrôle et des objectifs de rémunérations entre hommes et femmes déjà instaurés lors des révisions salariales. Sur la base de ce constat, la direction a proposé aux syndicats une enveloppe d’un million d’euros, « suffisante pour compenser des disparités constatées », selon l’ancienne DRH. L’accord prévoit un rattrapage des salaires sur 2010 et 2011, dont 500 000 euros débloqués dès le mois de juin, qui devraient permettre de régulariser la situation de 600 femmes, soit 40 % des effectifs féminins.

Pour 2011, le budget sera renégocié selon la méthode reprise dans l’accord lors des négociations annuelles collectives. Enfin, pour les femmes qui passeraient entre les mailles du filet, une commission paritaire de saisine (et de suivi de l’accord) a été instituée, composée des syndicats et de représentants de la direction.

Auteur

  • LYDIE COLDERS