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Fermer la porte au consumérisme

Dossier | publié le : 29.06.2010 | L. P.

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Fermer la porte au consumérisme

Crédit photo L. P.

Couverture familiale obligatoire pour tous. Cela fait cinq ans que Kiloutou, spécialiste de la location de matériel de bricolage, fait vivre un système de protection sociale commun aux 2 500 salariés. Celui-ci prévoit deux grilles de cotisations, l’une à destination des cadres et assimilés cadres, pour qui le régime était déjà obligatoire, l’autre dédiée aux non-cadres, pour qui l’offre était facultative. Parmi cette seconde catégorie, moins d’une personne sur trois y adhérait. Jusqu’à l’année 2004 et la “loi Douste-Blazy”.

Mise en concurrence

« Nous pressentions que la réforme de l’assurance maladie provoquerait un désengagement de la Sécurité sociale en direction des mutuelles, raconte Christophe Gryndzinski, directeur de la gestion sociale. Nous voulions éviter un effet de hausse des cotisations ou de dégradation des garanties. » Les régimes étaient en place depuis près de vingt ans et jamais vraiment remis en question. Par chance, le niveau de dépenses était contenu : « Nous avions un bon rapport sinistre sur prime de 0,9, soit 10 % de cotisations supérieures aux remboursements. Il est resté le même. Notre problématique, c’était surtout l’anticipation. »

L’entreprise avait deux cartes en main lorsqu’elle a lancé son appel d’offres : le fameux rapport sinistre sur prime, favorable, et la volonté d’augmenter le nombre des cotisants.

Trois prestataires pour un meilleur contrôle

La mise en concurrence a fait changer les prestataires. Winter & associés est devenu le courtier de Kiloutou ; Malakoff Médéric, son porteur de risque, et GFC, son gestionnaire administratif des dossiers des assurés. Commentaire du directeur de la gestion sociale : « En termes de contrôle des dépenses, c’est plus efficace. Et si l’un des trois acteurs devient défaillant, nous pouvons en changer sans devoir réorganiser complètement notre dispositif. »

Kiloutou s’est d’abord engagé sur trois ans, avec des taux de cotisations fixes sur cette période. Tout en demandant la mise en place d’un compte de participation au bénéfice. « Nous en faisons une poire pour la soif », commente le directeur. Toutes les sommes cotisées et non dépensées (le “bénéfice”), détenues par l’assureur, sont consignées chez lui sur un compte attribué à Kiloutou et non pas mutualisées. « En cas de coup dur, si, par exemple, le S/P se dégrade au cours d’une année, nous piocherons dans ce compte de participation pour éviter l’augmentation des cotisations. »

En contrepartie, l’entreprise appelle à la vigilance, en demandant systématiquement aux salariés des devis en optique et en soins dentaires, sans révéler aux praticiens leurs montants de garantie. Dans son journal interne et dans ses réunions avec les représentants de salariés, la direction présente des états de situation réguliers sur ses régimes. Et martèle le message de privilégier les actes médicaux à proprement parler. « Par exemple, pour les lunettes, nous remboursons mieux les verres qu’avant, mais nous avons limité par un forfait la prise en charge de la monture », explique le directeur.

Patrick Lescouffe, délégué central CFE-CGC, n’y voit pas d’inconvénient : « Nous avons amélioré le niveau des garanties sans toucher aux cotisations. Même les remboursements sont plus rapides qu’avant. Nous avons un rendez-vous annuel avec la direction pour connaître les montants de dépenses et de cotisations. Nous discutons du maintien ou pas des niveaux de garantie. Cela apporte une transparence : en contrepartie d’avoir imposé aux salariés de cotiser, chacun sait ce qui est réalisé pour les cadres et non-cadres. »

Conséquence de ce pilotage : l’entreprise pourrait davantage modulariser son offre, notamment en direction des salariés sans enfants. Patrick Lescouffe, de son côté, suggère d’« inclure un service d’aide à domicile dans les cas d’hospitalisation ».

KILOUTOU

• Activité : location de matériel de bricolage.

• Effectif : 2500 salariés en France.

• Chiffre d’affaires 2009 : 265 millions d’euros.

Auteur

  • L. P.